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samedi, 10 novembre 2007

cretins de joueurs dans un cafe internet et conseils aux futurs lecteurs de francais en Chine

Ce soir il est minuit. Un mec s'installe a cote de moi devant son ecran. Je suis dans un cafe internet. Il commence a gueuler comme un ane pour appeler l'hotesse car un truc ne marche pas. Il est torse nu, les jambes sur la table, l'ecran entre celles-ci.
Pieds nus, le pantalon retrousse jusqu'aux genoux car il fait chaud.

Il a son casque sur les oreilles. Il est en train de jouer. Il s'excite grave sur son clavier. C'est un jeu de bagnoles.
La table tremble tellement il s'excite. Il gueule encore. Mon clavier fait des petits sauts...

En meme temps un de mes eleves de Wuhan me pose des questions de grammaire sur QQ (msn chinois).

La table tremble.

Une de mes eleves chinoises maintenent en France me demande sur msn "c'est quoi l'interim ?"

Le mec d'a cote gueule.

Je vois ses pieds de chaque cote de son ecran.

Mon eleve de Wuhan me demande " le verbe interprete, produire,produit,production", c'est quoi ?

Aucune idee de ce qu'il me demande.

Tiens le mec d'a cote a change de jeu, il explose ses copains a coup de lances roquettes dans Counter Strike. Ce qui le fait hurler encore plus fort. En plus il bafouile l'anglais "oh Yeah, it's my time, Oh Christ"

La sono du cafe internet passe "Helene, je m'appelle Helene..." a fond.

Je regarde a droite et a gauche, il y a plein de gens torses nus, les pieds sur la table qui s'excitent et qui crient.

Je hais Haikou, mais vraiment vraiment fort.


Putain, c'est vraiment un excite le type a cote, il jour 2 minutes a un jeu, il change, il joue 2 minutes a un autre, il change , il regarde un film 3 minutes, il change,il m'enerve trop. Et il tape partout.

En meme temps je repense a hier soir, une prof chinoise de Lanzhou, m'appelle apres un an sans nouvelles,

- Arnauld ca va ?

-Oui, ca va et toi ?

-oui, ca va, j'ai une question

Grand sourire QQesque , c'est a dire un emoticone de 2 cms avec des dents..

-dis j'ai une question, tu peux m'aider ?

-oui, ok,

-c'est quoi le BBS ??

Elle voulait avoir des renseignement sur le journalisme participatif genre agoravox etc...ou les citoyens se prennent pour des journalistes et ecrivent des article.

Les chinois c'est souvent ca, si je ne les interesse plus, bye bye 88 , si je peux leur apporter qq chose : ca va ? tu vas bien ?

Mais maintenant j'ai compris, je fais pareil. Je les menace, comme ca ils comprennent. La machine a laver cassee et pas reparee ?? je ne vais pas en cours. Ca les inquiete. Pas de machine a laver , pas de cours . Quand je ne suis pas content ou que l'administration de l'universite essaye de m'arnaquer, je ne m'enerve plus. Je dis : bon, ben je m'en vais dans 6 jours.

Ca les inquiete, mais non c'est pas possible et le contrat ??

-le contrat je m'en fous !

-Mais non, mais non, il faut respecter le reglement.

-Ben non, je m'en fous, je m'en vais.

Ou alors, quand le chef du departement de francais qui baffouille ma langue maternelle me donne ses copies a corriger. Au debut je disais oui, car j'aimais bien. Mais oui une fois et puis on recoit de plus en plus de copies. Car si un chinois trouve votre faiblesse, il en profite...

Donc maintenant je dis non tout de suite: Non! fort. Ca les inquiete.

Conclusion, pour ne pas se faire marcher sur les pieds , savoir dire non et si ils crient trop forts dire, ben je m'en vais, ca les depossede de tout moyen de pression sur vous.

Ca les inquiete quoi.

Commentaires

Je veux bien croire que, à Haikou, Hainan voire au Sud de la Chine, la bêtise est plus voyante et plus bruyante que dans le reste de la Chine.
Toutefois, je n'ai pas été davantage rassérèné, même si le comportement était des plus sages et des plus silencieux, à observer le contenu des écrans où que ce soit en Chine.
Les jeux violents de combat et de guerre et films sanglants sont le lot quotidien.
Pour les plus romantiques ou que la libido travaille, une minorité, un chat en médaillon, dans le coin de l'écran, avec une internaute.
A voir un tel spectacle, cela ne prédit rien de bon pour cette nouvelle "génération internet" et sur l'évolution de ce pays.
Le gouvernement chinois en est conscient puisqu'il n'a pas autorisé pour 2007, l'ouverture de nouveaux cybercafés.
Ayant comptabilisé 15% d'addicts parmi les internautes, il envisageait que leur carte d'abonnement n'autoriserait que 3 heures par jour de navigation sur la toile.
Je ne sais pas si cette mesure est appliquée?

Je ne me rappelle plus qui avait dit (peut être, Paul Valéry) lors de l'invention de la radio:
"C'est une grande invention, elle va rendre la sottise sonore"
On pourrait la décliner pour la télé.
Quant aux cybercafés, ils sont un laboratoire fantastique pour l'observation, une fenêtre unique dans le for intérieur du genre humain.
De quoi vous donner la nausée à moins d'être un optimiste béat.
Ce que j'aimerais être.

Ecrit par : jean-Claude | samedi, 10 novembre 2007

Le respect , késako?
Le respect, loin s'en faut, n'est pas un pilier de leur culture (tout comme les notions de comportement citoyen, citoyenneté).
Tout est dans le rapport de force "permanent".
Ils ne comprennent que celà.
Toute attitude de discussion est déjà un faux pas, un aveu de faiblesse.
Le compromis n'a pas sa place.
Il apparait qu'il faille toujours prendre l'ascendant sur eux: les dominer, les menacer pour qu'enfin ils trouvent le chemin de "l'apparente raison".
On comprend mieux alors pourquoi, depuis des millénaires, la notion de démocratie n'a pas pu poindre.
Ce n'est pas l'essor économique et une excellente récolte de médailles en 2008 qui changera les choses...
Bien au contraire !

Ecrit par : Jean-Claude | samedi, 10 novembre 2007

Ne jamais faire de généralité, je peux donner des exemples opposés, comme mes profs d'universités à Kunming. Toujours là pour nous aider, tant qu'on respecte les règles. Des policiers qui viennent nous dire qu'on doit se déclarer comme résident sans pour cela nous y forcer. Et puis sur le milliard trois, il y a vraiment de tout. Si tu vas dans certaines régions du sud de la France en plein été (comme la Corse) et tu vois le comportement de certains touristes arrivant en 4x4 immatriculé 92, il n'y a pas beaucoup de différence.
Le gros problème est, de mon avis, l'âme totalement capitaliste du chinois. "Le client est roi". Sort ton mec du cybercafé, il n'est plus rien, car il est soumis aux lois du parti.

Ecrit par : majunzi | samedi, 10 novembre 2007

@ majunzi
S'il faut faire..."Attention, un train peut en cacher un autre".... et c'est bien le cas ici comme ailleurs.
"Ne jamais faire de généralités"...reste un fondamental incontournable.
Mais, de là , à s'autocensurer, en ne narrant pas ses propres expériences, car elles viendraient jeter "une mauvaise ombre" sur "l'image angélique" que l'on pourrait avoir des chinois, je m'y refuse.
J-J. Rousseau nous a bien vendu "le bon sauvage".
Belle entourloupe...pour y avoir cru bien trop longtemps.
Nous avons tous notre part d'angélisme mais, il ne doit être l'arbre qui cache la forêt.
Et comme dit un proverbe chinois:
"Mieux vaut les critiques d'un seul que l'assentiment de mille"
Je peux comme vous donner des exemples, tout à fait, semblables aux vôtres.
Le problème n'est pas d'opposer les deux constatations.
Elles restent vraies.
Pour ma part, jeconstate toujours que l'exception confirme là règle.
Et ce que je recherche ici, ce sont les exceptions.
Comme elles sont rares comme partout et, du coup, elles valent donc leur pesant d'or.
Quant à ce type du cybercafé en question, il n'est pas isolé et je ne comprends pas ce que vous mentionnez comme "en dehors du cybercafé, il n'est plus rien, car il est soumis aux lois du parti."
Que voulez-vous dire?

Ecrit par : Jean-Claude | samedi, 10 novembre 2007

@ majunzi
S'il faut faire..."Attention, un train peut en cacher un autre".... et c'est bien le cas ici comme ailleurs.
"Ne jamais faire de généralités"...reste un fondamental incontournable.
Mais, de là , à s'autocensurer, en ne narrant pas ses propres expériences, car elles viendraient jeter "une mauvaise ombre" sur "l'image angélique" que l'on pourrait avoir des chinois, je m'y refuse.
J-J. Rousseau nous a bien vendu "le bon sauvage".
Belle entourloupe...pour y avoir cru bien trop longtemps.
Nous avons tous notre part d'angélisme mais, il ne doit être l'arbre qui cache la forêt.
Et comme dit un proverbe chinois:
"Mieux vaut les critiques d'un seul que l'assentiment de mille"
Je peux comme vous donner des exemples, tout à fait, semblables aux vôtres.
Le problème n'est pas d'opposer les deux constatations.
Elles restent vraies.
Pour ma part, jeconstate toujours que l'exception confirme là règle.
Et ce que je recherche ici, ce sont les exceptions.
Comme elles sont rares comme partout et, du coup, elles valent donc leur pesant d'or.
Quant à ce type du cybercafé en question, il n'est pas isolé et je ne comprends pas ce que vous mentionnez comme "en dehors du cybercafé, il n'est plus rien, car il est soumis aux lois du parti."
Que voulez-vous dire?

Ecrit par : Jean-Claude | samedi, 10 novembre 2007

Je suis pas mal placé dans ceux qui se sont fait rouler par des Chinois, mais j'ai aussi de très bonnes expériences, c'est comme partout.
Pour ta dernière question, est-ce-que tu vois souvent des chinois faire les fantoches dans la rue? Je ne connais pas le Hainan, mais pour ce qui est de Beijing et Kunming on les voit surtout à l'intérieur des établissements.

Ecrit par : majunzi | samedi, 10 novembre 2007

Voici l’histoire du proverbe chinois : passer de l’arrogance au respect.

"A l’époque des Royaumes combattants en Chine au 5ème siècle avant J.C, il y avait 7 royaumes à savoir : Qin, Yan, Zhao, Qi, Chu, Han, et Wei. L’ancien royaume de Qin se trouvait dans l’actuelle province du Shaanxi, et était de loin le plus puissant de tous les 7. Il a occupé des terres des 6 autres royaumes pendant de nombreuses années. Dans ce contexte, au sein des classes dirigeantes de ces 6 royaumes il y avait deux principales forces, l’une pro-Qin, l’autre anti-Qin.

Parmi les politiciens, et plus précisément les conseillers, il y en avait un qui s’appelait Su Qin. Dans sa jeunesse ce dernier était pro-Qin, il se rendit donc un jour au royaume de Qin pour faire accepter ses idées au roi de Qin. Selon lui le Qin devrait d’abord développer des relations amicales avec les autres 6 états, et ensuite les annexer un par un. Mais le roi de Qin refusa d’écouter Qin, car le Qin n’avait pas accompli et ne voulait pas accomplir les préparatifs pour unifier tous les royaumes. Su Qin fut complètement abattu, il n’avait plus d’argent pour ses frais de voyage, et fût obligé de rentrer chez lui, à Luo Yang.

Rentrant en piteux état, ses parents ne lui adressèrent plus la parole, sa femme ne voulait plus le voir, et sa sœur le critiquait sans arrêt, et ne lui faisait même plus à manger. Su Qin fut désolé de confronter la situation difficile. Il pris donc la résolution d’apprendre la stratégie et la tactique militaire, afin de devenir un dignitaire et pour se laver de sa honte.

Après avoir étudié de manière très approfondi la situation de tous les royaumes, Su Qin pensa qu’il était plus efficace de créer une coalition entre les 6 royaumes afin de lutter contre le Qin. Cette fois-là, Su Qin réussit à persuader les dirigeants de ces 6 royaumes du bienfondé de son idée, puis il devînt le chef d’état-major des armées alliées. Le Qin n’osa plus attaquer personne pendant 15 ans.

En tant que chef d’état-major des armées de la coalition, Su Qin obtînt un haut statut dans la société. Un jour, il passa par Luoyang, son pays natal, les fonctionnaires locaux lui firent une haie d’honneur pour l’accueillir. Même ses parents l’attendaient cette fois devant la porte. Sa femme se cachait dans un coin de la chambre, n’osant pas le regarder en face, et sa sœur était pleine de déférence envers lui. Alors, Su Qin soupira et dit :

- « Quand on est pauvre, même nos parents nous méprisent, mais quand on devient riche, alors ils ont peur de nous, quelle chance ! »

Ecrit par : Jean-Claude | dimanche, 11 novembre 2007

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