dimanche, 28 octobre 2007

carte de Hainan

Une carte de Hainan, sud de la Chine. Je suis a Haikou, au nord de l'ile.

Cliquez la carte pour agrandir dans une nouvelle fenetre.

 

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samedi, 20 octobre 2007

miss tourisme

Comme je suis a Hainan j'irai voir ca

Chine: Hainan tiendra en décembre prochain la finale de Miss Tourisme du Monde de 2007

La finale de Miss Tourisme Monde( Miss Tourism of the globe) sera tenue entre les 15 et 25 décembre dans la province chinoise insulaire de Hainan (sud), a déclaré vendredi l'Organisation du concours lors d'une conférence de presse tenue à Haikou, chef-lieu de la province.

Des beautés venant de plus de 50 pays et régions du monde s'affronteront au cours de la finale. Selon Lan Tian, responsable du concours de Miss Tourisme Monde 2007, l'Organisation lancera au cours du concours des activités sur les thèmes du tourisme, de la mode, des soins et de l'harmonie, pour présenter au monde la culture touristique de Hainan ainsi que son unique culture régionale.

M. Lan a fait savoir que les épreuvres de sélection pour le concours en Chine avait été lancées. Elles seront tenues respectivement dans huit régions et chaque région sélectionnera une Miss Tourisme Chine pour la finale, qui sera également chargée de promouvoir le tourisme de la région.

Le premier concours de Miss Tourisme Monde s'est tenu en Russie en 1999. Il a été tenu pour la première fois en Chine à Baoding, ville de la province du Hebei (nord) en 2006.

Source: xinhua

vendredi, 07 septembre 2007

impressions de Hainan 1

Ah la la la la la la, Hainan ca me plait pas trop...

une fois qu'on a fait le tour du cycle plage soleil et cocotier, ben, y a rien a faire...

Ici ca ressemble a la Floride avec des chinois. Cadre retraite du PCC, voleurs a la tire partout, etudiants lobotomises par le vide.

Residences protegees avec piscine, soleil, jus de coco, grandes avenues, buildings modernes, villas a colonnades greco chino romaines. Mince, cette annee je crois que je me suis plante.

A minuit pile je me trouve dans un cafe internet, pris d'assault par des gamins de 14 a 18 ans qui vont passer toute la nuit ici jusqu'a 8 heures du mat pour profiter du prix. Je crois que c'est 10 yuans (en gros 1 euros et des poussieres). Ils vont jouer a des jeux a la con de con qui vont bouffer toute la bande passante de mon cafe internet et que pour ecrire ce post je suis oblige de passer par des proxys vu que ce con de gouvernement m'a bloque mon blog, arghhh. Deja qu'ils ont pas l'air intelligent...la ce me fait flipper.

Je commence a en avoir marre d'etre prof pour des cretins.

Sarko, viens please, y a du boulot.

Je pense qu'apres mon premier semestre ici, un conge d'un an m'attend et voyager a fond pendant 12 mois en Chine, du Nord Ouest et du centre, dans les provinces pas trop atteintes par ce mouvement qui s'etend a la Chine a une vitesse effroyable d'effroyable.

Ca fait peur quand je pense au Xiaogan d'il y a 4 ans avec son parc d'attraction construit dans les annees 80 . Maintenant les eleves ne pensent plus qu'aux fringues, au fric, aux telephones portables, arrogants...bref des connards. Dans 10 ans la Chine sera chamboulee, y aura plus rien d'interessant.

Moi j'vous le dis. Dans 2 ans la mode Chine sera passe en occident. Les JO seront le feu d'artifice final, y aura plus rien a voir que le developpement economique. L'avenir c'est les pays musulmans. D'ailleurs le Gansu et son influence musulmane ca m'a bien pris. Les mosquees c'est cool, les night clubs dejantes de Lanzhou mixant musique electro arabe chinoises avec les danseuses d'une autre planete, ben c'etait bien. Je pense serieusement aller bosser dans le Xinjiang, dernier coin recule encore civilise. Ou alors le Nepal, ca a l'air bien la-bas.

Bref ici a Hainan je vois une Chine videe de toute culture, de toute religion, de tout passe immobilier et culturel. Ou le seul but c'est l'appart dans le dernier immeuble construit, la bagnole, le fric, le repas au Mc Do et la connerie du vide intellectuel.

Gloups, ce soir je suis vraiment decu. T'es ou ma Chine ? 

 

lundi, 20 août 2007

police police

et hop, ce matin je vais dans un wang ba, un cafe internet, je m'installe et un petit garcon

dans les 8 ans s'approche de moi a gauche et commence a me parler en me voyant ecrire

du francais dans mes mails. Croyant encore a la grande innocence des garcons chinois de

cet age je lui fais un grand sourire et, et,et,............ patatras, mes espoirs s'effondrent!

Stupide Arnauld ! un ou deux de ses copains etaient

a ma droite et m'ont derobe mon telephone portable motorola a 4000 rmb (4000 francs,

j'en suis reste aux francs d'avant mon expatriation) avec lequel je prenais des superbes

photographies chinoises et faisaient des films sur ce magnifique pays qu'est la Chine et

son esprit bon enfant. Et la tout mes espoirs s'ecroulent, je perds toutes mes illusions

sur ce pays de voleurs. Il faut dire qu'a chaque fois je me fais avoir. Bebete va ! Le colis

vole pour le bebe de mon frere

(ils ne respectent vraiment rien) mes affaires de Wuhan que j'attends toujours depuis

3 semaines (60 kilos envoyes par le train),

disparues... Ici en Chine l'etranger c'est le nigaud, celui qu'on arnaque partout,

les briquets qui valent 1 rmb (monnaie locale) qu'on me vend 2 rmb, le marchand

qui me voit arriver et qui avec un grand sourire me double direct le prix a la caisse

(de 50 rmb a 100, ben voyons) etc...remarquez le coup du briquet ca fait 2 ans

qu'on me le fait plus... bref, tous mes espoirs s'effondrent et je perds patience,

debout devant l'ordinateur du cafe internet, la, depossede... 3 ans de contacts telephoniques

disparus d'un seul coup arghh....je hurle, en francais,

et je commence a m'exciter. Je casse, il faut casser, donc je projette ma bouteille de

coca dans un getse d'impuissance sur ces attardes qui me regardent l'air de rien

comprendre avec leur grand sourire nigaud qu'ils affichent quand ils sont genes

ou ne savent pas quoi faire, puis je descends au rez de chaussee et m'en prends

au gardien qui au lieu de garder ecoute tranquilement son walkman dehors.

Je m'en prends donc a lui n'ayant pas de bouteilles de coca sous la main. A l'ecuelle de

son dejeuner et ses 2 bouteilles placees sur le bureau ou il

devrait etre assis, arghh... Je monte chez moi au dixieme etage. 30 minutes plus tard,

coup de telephone, sur mon fixe evidement.

C'est la police. La police chouette, le gardien a du se plaindre.

Mais non la police a arrete un voleur et ils sont au rdc. Ma confiance

envers la police chinoise etant limitee pour cause de corruption je descends.

Et oui ils avaient bien arrete un des voleurs, 8 ans, niant tout evidement.

Bon je suis alle faire ma declaration au poste de police local et le garcon arrete

et embarque (j'espere qu'ils ne vont pas le torturer, par ces temps de JO 2008,

ca ferait tache). Mais j'avoue que je suis quand meme bien impressione

par la police de Hainan d'avoir pris le coupable si vite, et puis ils m'ont

bien traite, m'on offert de l'eau, sympas comme tout, et puis il y avait aussi

la belle comissaire avec ses lunettes Dior.

Je n'ai aucune idee de la suite,

on verra, j'espere juste qu'avec l'assurance du colis perdu entre Wuhan et

Hainan je pourrai m'offrir un beau portable tout neuf pour continuer mes

ptits reportages amateurs sur ce merveilleux pays. L'annee prochaine je vais

 

 

enseigner au Nepal, la la Chine aujourd'hui,

j'en ai marre je vais au Mc Do ce soir. Donc, donc, je vais commencer

a me tuer depuis l'interieur de la Chine. Car j'en ai marre. J'aime la Chine,

je l'adore, mais je hais les cons. Et des cons ici il y en a, mais des cons

betes il y en a ici... Par exemple, le blog que vous lisez maintenant,

eh bien il est censure en Chine. Quand j'ai appris ca il y a 6 mois

j'etais degoute. Pourquoi bloquer mon blog sur lequel je n'ecrivais que

ma vie de prof en Chine ?? La je me suis senti impuissant et j'ai senti

l'arbitraire d'un regime totalitaire... Qu'est ce que j'avais fait de mal ?

Aucune prise de position politique, j'etais meme enclin a adherer au PCC.

Ou me plaindre, comment demander un deblocage de mon blog ?

Ou se trouve le buro de la police de l'internet chinois? Evidement

il n'existe pas et pouratnt ils sont plus de 30 000 chinois a y travailler.

Scrutant le moindre recoins du web, ecoutant les chats sur msn, yahoo,

google, QQ (genre msn chinois). Vous pouvez vous faire deconnecter de

votre chat si vous parlez des choses interdites. Vous pouvez aller en prison

si vous critiquez ouvertement le gouvernement chinois. On ne se rend pas

compte en France de ca. Pas suffisement en tout cas,

quand je vois tous ces etudiants de grandes ecoles qui arrivent a Pekin,

Shanghai et Cie, et qui vous expliquent qu'ils faut aider la Chine

economiquement et qu'apres tout la liberte c'est pas trop grave, juste

pouvoir bouffer et s'amuser en expats !! Donc voila je suis degoute de

degoute par l'arbitraire du PCC chinois et leur immense connerie, bloquer

des sites web mais permettre de telecharger des logiciels, depuis des

serveurs de l'interieur de leur pays, qui permettent de passer outre leur

bigfirewall...C'est juste stupide, alors les JO 2008 c'est sans moi, en ayant

une petite pensee pour tous ces gens deloges a Pekin, tous ces travailleurs

migrants, tous les clodos de Pekin qu'on renvoie chez eux par le train manu

militari, avec une ptite pensee devant cette immense betise calculee, pour

tous ces eleves chinois lobotomises par leur regime, incapables

de faire la moindre recherche par eux-memes, le systeme educatif pourri dans

90% des cas et j'en sais quelque chose apres 4 ans. Donc maintenant je vais

poster de l'interieur, comme un espion, et j'espere bien

me faire virer, me suicider de l'interieur, ca doit etre trop bien de se faire

expulser par la connerie humaine et j'irai enseigner au Nepal, voila, on m'a

vole mon tel portable ce matin, Benjamin.

vendredi, 03 août 2007

article article

Lu Hou tout le monde,

Lu Hou, comprendre "bonjour" en Hainanhua, dialecte de l'ile et province de Hainan, au sud, ou je passe mes vacances en ce moment. Hainan c'est plage et cocotier, hotels de luxe, soleil et Cie.. le paradis pour certains, bien different du Hubei en tout cas. Donc j'y passe mes vacances, mais je poste aujourd'hui pour un article du Figaro interressant...

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Extraits : 

L'avenir a la mode des Tang 
 
Pékin : de notre envoyé spécial : FRANÇOIS HAUTER.
Publié le 02 août 2007
 
C'est fascinant, la Chine : ils écrivent là-bas une page cruciale de leur histoire, sous nos yeux, sans pause publicitaire. Nous l'avons fait au XVIIIe siècle, les Britanniques au XIXe, et les Américains au XXe. C'est le tour des Chinois, qui partent à la conquête du monde, encombrés de préjugés sur les étrangers aussi tenaces que les nôtres à leur égard. Leur envol durera-t-il ? En clair, construisent-ils leur puissance sur du granit ? Tous les experts en doutent. Jusqu'à présent, la réalité leur a donné tort. Depuis que les communistes dansent sur un volcan, on attend qu'ils tombent dans le cratère. L'on se dit : c'est impossible, les dirigeants sont trop divisés, il y a trop de contradictions entre leurs discours moralisateurs et leurs pratiques mafieuses, entre les institutions politiques et l'économie, entre la richesse de la côte ouest et la pauvreté de l'est du pays, entre les villes et les villages, entre Pékin et Canton, les jeunes et les vieux... Le système est instable, ils n'y arriveront pas !
 
Ont-ils passé un pacte avec le diable ? Oui, en manipulant leur dernière arme, la plus dangereuse. Elle s'appelle le nationalisme. À chaque crise domestique, on la brandit. Contre Taïwan, contre le Japon, en évoquant des « J.O. glorieux » ou le Chinois qui, bientôt, se promènera sur la Lune. Ainsi l'obstacle est-il franchi. Ça passe. « La plus grande faute est de ne pas corriger ses fautes » est
 
un dicton chinois. Depuis trente ans, c'est ce que l'on nomme « le miracle chinois ». Une navigation serrée. « Un souverain est comparable à un bateau, les simples gens à l'eau des fleuves et des mers, dit une maxime Tang. C'est l'eau qui porte le bateau, c'est l'eau qui le fait chavirer. » La nouvelle doctrine consiste à s'occuper des gens en régulant leurs activités par de bonnes décisions.
 
Depuis que le Parti communiste a laissé les habitants mener leurs affaires tranquillement, depuis donc qu'il s'est résolu à suivre le mouvement, la mécanique ronfle si fort que le cargo Chine s'est mis à filer. Du trente noeuds. Il avance si rondement que la navigation devient de plus en plus périlleuse. On a donc changé l'équipage, en remplaçant ceux qui poussaient les moteurs jusqu'à les chauffer à blanc par des gars moins rustiques. Les anciens avaient été formés chez l'Oncle Marx, à Moscou. Ils faisaient construire des barrages géants et tirer sur la foule. Ça ne collait plus avec la vitesse et la violence des rafales de vent. Les nouveaux ont grandi sur le pont, où l'on testait leurs réflexes dans les tourbillons du moment. Évidemment, les références des jeunots, les adaptations perpétuellement nécessaires n'étaient pas celles des vieux cocos. C'est cela, le basculement d'aujourd'hui. Un renversement de perspective. C'est en octobre que l'on va en apercevoir les premiers effets. Les grands-messes du Parti communiste chinois se déroulent tous les cinq ans depuis octobre 1949. Tous les dix ans, s'ajoute un enjeu supplémentaire : le chef nommé cinq ans plus tôt a eu le temps de placer ses hommes. Il s'affirme par rapport à son prédécesseur. Ce sera le cas en 2007, avec M. Hu Jintao repoussant définitivement la génération Jiang Zemin vers la maison de retraite. Alors se dessinera un changement de cap dont on sentira les effets dans la décennie à venir.
 
Depuis « l'ouverture et le changement » de la révolutionnaire ligne Deng Xiaoping, après la très confuse ligne Jiang Zemin, cela s'appellera la ligne Hu Jintao. Elle demeure une énigme car, jusqu'à présent, Hu Jintao a été d'une prudence maximale, c'est-à-dire parfaitement terne et conservateur.
 
C'est là un rideau de fumée dans la plus pure tradition du théâtre chinois. On endort l'adversaire conservateur, en raidissant la censure sur la presse, ou en éteignant les espoirs des démocrates à Hongkong. Puis, soudain, on frappe un grand coup, par surprise. Dans un rebondissement dramatique, marqué par des coups de cymbales, on fait par exemple adhérer la Chine à l'OMC (Organisation mondiale du commerce) ou l'on fait soudainement entériner la loi sur la propriété privée. Au nez et à la barbe des néomaoïstes qui pensaient s'être imposés.
 
Ces décisions démontrent que des sociaux-démocrates sont aujourd'hui au pouvoir à Pékin, même s'ils ne veulent pas une tête dépassant l'autre avant les J.O. de 2008. Des gens lucides, sachant que leur popularité est minimale - les Chinois ne consomment pas beaucoup, c'est un signe de défiance - et que le communisme n'est plus rien d'autre qu'un slogan creux. Il faut donc lui trouver une idéologie de rechange, sans avoir l'air d'y toucher. C'est ce qui se prépare depuis des années dans les universités et les centres de recherche du pays. D'abord, le pouvoir a débloqué des centaines de millions de yuans pour des programmes visant à « identifier » les références culturelles chinoises à utiliser dans l'avenir. Une sorte de contre-révolution culturelle. On a sorti du chapeau deux lapins qui permettront au PCC de se transformer en un parti ancré dans la tradition et l'histoire chinoises : l'époque Tang. Et Confucius. Cette plate-forme idéologique est opposée à l'idée de la démocratie occidentale. Elle sera donc exportable.
 
L'époque Tang (618-907) d'abord. Ce fut la dynastie la plus brillante, la plus ouverte au cours des deux derniers millénaires de l'histoire chinoise. Selon certains spécialistes, l'empire du Milieu contrôlait alors, via la Route de la soie, 75 % des échanges commerciaux mondiaux. Aujourd'hui, c'est 3 %. Dépasser les États-Unis, c'est revenir à l'époque des Tang, lorsque la Chine dominait et rayonnait sur la planète. Une question de face, de fierté, d'orgueil, un enjeu nationaliste. Un espoir aussi : à l'époque, la critique était libre, les religions, encouragées, la libre-pensée, florissante. La référence au passé constitue la plus belle des promesses d'avenir.
 
Confucius ensuite : le voici remis officiellement à sa place, la première. Plus de cent Instituts Confucius dans le monde propagent l'enseignement du chinois. Ce nombre va doubler en 2007. Confucius, c'est le bouclier antimissile contre la démocratie : chacun est à sa place dans la société à travers une relation de dépendance ou de protection par rapport aux autres. Le mot « frère » n'existe pas en chinois. Ou plutôt, il signifie « frère aîné » ou « frère cadet ». Ce n'est pas la même chose. Pour le PCC de 2007, Confucius est le joyau de l'empire : il signifie que l'égalité, notre chère égalité devant Dieu, devant la loi, que cette égalité-là est un concept dépassé.
 
Mais pas de précipitation, surtout. Il faudra, avant d'atteindre cette modernité confucéenne du VIe siècle avant J.-C., que la société chinoise devienne « une société harmonieuse ». Voyez ce proverbe Tang, qui est devenu la litanie des penseurs officiels à Pékin : « L'harmonie est nécessaire pour la prospérité des choses, l'uniformité au contraire entrave toute création. L'harmonie consiste en l'unité des différences. C'est seulement lorsque cette unité existe que les choses peuvent prospérer et qu'un souverain en tire avantage. À l'inverse, la simple accumulation des choses toutes identiques ne mène à rien. » Mao, j'irai cracher sur ta tombe...
 
Les revues spécialisées du PCC ont déjà commencé le tir de démolition de la « théorie Jiang Zemin », en soulignant que la « pensée Deng Xiaoping » avait été poussée trop loin (rappel de cette théorie : « Il importe peu que le chat soit blanc ou noir, l'important est qu'il attrape les souris. »). Bref, qu'il était urgent désormais de rééquilibrer le territoire, de songer à partager la prospérité entre les zones opulentes et les zones misérables. Mais cela ne plaît pas aux provinces aisées. Elles s'étaient retrouvées en 1949, unies avec le reste du pays par la misère. La prospérité revenue, l'égoïsme ressurgit. L'idée de l'unification économique porte en elle les germes d'un éclatement politique et géographique de la Chine, qui rappelle bien des souvenirs depuis trois mille ans. C'est la raison principale pour laquelle Taïwan ne doit jamais déclarer son indépendance : cela pourrait donner de fâcheuses idées à certaines régions du sud du pays qui se sentent, déjà, à des années-lumière de la capitale.
 
Le nivellement entre riches et pauvres va prendre un temps fou. Car en Chine, le récipient est immense. Souvenez-vous : la politique industrielle lancée au Japon dans les années 1960 a été stabilisée trente ans plus tard, en 1989 ; en Corée du Sud, les efforts des années 1960 ont payé dans les années 1980 et culminé dix ans plus tard. En Chine, la réforme a débuté en 1978. Plus l'alambic est grand, plus la précipitation met du temps à prendre. L'équilibre social sera long à venir. Le grand soir de la « société harmonieuse » n'est pas pour demain.
 
D'autant qu'en Chine le seul catalyseur du développement est la corruption. Sur ce plan-là aussi, Hu Jintao a des idées. Comme par exemple d'imposer deux candidats pour chaque poste au sein du PCC, avec vote démocratique à la clef. Ses partisans, au sein de l'École des cadres du parti et de l'Institut de recherche sur le marxisme-léninisme ont déjà prononcé des discours sur les vertus de la démocratie, cette démocratie qui permet de contrebalancer les pouvoirs. Après tout, cela ne constituerait qu'un retour à une tradition de l'Empire. Que faisait un souverain lorsque ses mandarins se croyaient intouchables et se comportaient comme des voyous ? Il leur opposait les eunuques. Ainsi était-il au courant de tout, et pouvait-il frapper.
 
La corruption, pour la survie du système hypercentralisé chinois, a toujours été plus dangereuse que la bombe atomique. Hu Jintao a déclaré qu'en 2006 les forces de l'ordre avaient affronté 80 000 jacqueries de la part de paysans, de retraités, d'employés licenciés, de propriétaires lésés, d'étudiants. Faites le calcul : cela donne une manifestation violente toutes les cinq minutes ! Pour le chef de l'État, c'est une façon de dire que ces contestations nées des prévarications des puissants ont atteint des niveaux intolérables. « Il faut tuer le mal avant qu'il ne fasse jour », dit une belle maxime chinoise. Voilà que l'aube approche. C'est fascinant, la Chine.